Ce que toute personne qui a la SP doit savoir sur le rhume et la grippe

Si après avoir lu cet article, vous avez peur de m’approcher, j’aurai bien fait mon travail. Ce n’est pas vous, le problème, mais vos pathogènes. 

Ce que toute personne qui a la sclérose en plaques (SP) doit savoir sur le rhume et la grippe

*Ce billet a d’abord été publié en 2017. Pour connaître les recommandations officielles en rapport avec la covid, suivez ce lien.

Howard Hughes, paranoïaque célèbre, qui souffrait de mysophobie, avait compris quelque chose en brulant ses vêtements après avoir été en contact avec une personne malade. Le dictionnaire donne une mauvaise image de la mysophobie et, d’accord, Howard Hughes avait de légers problèmes de santé mentale. Mais sérieusement, si la propagation du rhume et de la grippe doit nous apprendre quelque chose, c’est que la majorité de la population devrait consacrer un peu plus de temps à l’eau et au savon.

Je m’appelle Ardra et je suis mysophobe

En tant que paranoïaque atteinte de mysophobie moi-même, je passe l’hiver sur les dents à regarder de travers toute personne qui a le nez un peu rouge. J’ai perfectionné l’art d’ouvrir les portes et d’appuyer sur les boutons d’ascenseurs sans que ma peau entre en contact avec ceux-ci. Je porte des gants le plus souvent possible et je ne rate jamais une occasion de leur donner un petit coup de désinfectant pour les mains. Je déteste les poignées de main et les embrassades, les échantillons gratuits et les plats dans lesquels tout le monde pige. Quand j’entends quelqu’un tousser en public, je prie pour que ce soit une toux de fumeur et non quelque chose de contagieux. Je m’en fous que ce soit un gamin de 10 ans, les enfants sont de véritables usines à microbes.

Sans blague, je tape sur les nerfs de tout le monde que je connais.

Si le docteur le dit

N’empêche qu’un docteur a validé mes craintes. La dernière fois que j’ai vu mon neurologue, nous avons parlé de l’évolution de ma sclérose en plaques en dépit de ma médication, qui relève de l’artillerie lourde. Il n’y a pas de nouveau traitement modificateur de la maladie que je pourrais essayer, alors plutôt que de me faire une ordonnance, le doc m’a dit que la meilleure chose à faire pour ralentir la progression de ma SP était d’arrêter de faire des infections urinaires et d’éviter d’attraper le rhume ou la grippe, ou la peste.

Pour tout le monde, un rhume ou une grippe, c’est ennuyeux, mais pour quelqu’un qui a la SP, une grippe peut avoir des conséquences catastrophiques. Je sais, vous pensez que j’exagère, mais voici comment ça marche.

La vérité sur les infections et la sclérose en plaques

Au départ, les personnes atteintes de sclérose en plaques ont un système immunitaire défectueux. Si, en plus, elles prennent des médicaments qui le modifient, elles deviennent plus sujettes aux infections, celles-ci peuvent durer plus longtemps et frapper plus durement. Quand la SP te rend déjà la vie difficile, tomber malade peut être débilitant. Mais même si c’est chiant, ce n’est pas le pire dans cette histoire. Je peux m’arranger avec Netflix, clouée au lit pendant quelques jours. C’est ennuyeux, mais temporaire, n’est-ce pas? Faux.

Les infections font peur parce qu’elles activent notre système immunitaire qui a la gâchette facile pour détruire ce qu’il perçoit comme une menace. Malheureusement, la plupart du temps, il se met un doigt dans l’œil. Alors, le seul fait de le taquiner avec un rhume ou une grippe peut provoquer une poussée qui n’a rien en commun avec la morve, la toux ou le flegme. Une poussée de SP peut entrainer des dommages neurologiques permanents. Ouais. Tout ça à cause d’un rhume.

Qu’est-ce que j’en sais? Je ne suis qu’une blogueuse paranoïaque.

Vous n’êtes pas obligés de me croire. Mais en 2006, le neurologue William A. Sibley a remporté un prix prestigieux pour son travail sur l’influence des infections sur les poussées de SP. Ses recherches ont démontré qu’une poussée sur trois arrivait à la suite d’une infection des voies respiratoires supérieures (ça, ça veut dire un rhume ou une grippe, les filles).

Une poussée sur trois.

Quand je pense à toutes les poussées que j’aurais pu m’éviter, j’ai envie de vomir. On se dit que le rhume et la grippe font partie de la vie. Ils ont même leur saison. Mais on n’est pas obligé de les attraper! Dans une culture qui valorise le travail plus que le bienêtre, c’est mieux vu d’aller travailler quand on est malade que de rester à la maison. Entre nos comportements de workaholics et nos anxiétés FOMO, on a fini par croire que c’était noble de foncer dans le tas même quand on est malade. Sans penser à l’impact que ce comportement peut avoir sur les autres. Non, mais ça va pas, la tête?

Si vous toussez ou reniflez, portez une combinaison Hazmat ou restez chez vous.

De toute évidence, une vie d’ermite dans un château entouré de dragons me conviendrait parfaitement. Mais les châteaux coutent cher, et contrairement à Howard Hughes, je n’ai pas envie de m’isoler complètement de la société, aussi pouilleuse soit-elle. On est en décembre. C’est le temps des FÊTES. Et j’ai bien envie de m’amuser. La semaine prochaine, nous organisons un mégaparty, mais personne ne s’embrassera sous le gui, et non, vous ne pourrez pas boire dans mon verre. Si vous avez la chance d’être dans la liste d’invités, vous serez accueilli par un bouncer déguisé en infirmière qui prendra votre température et vous donnera ou non l’autorisation d’entrer.

Protégez-vous.

Pensez à vous faire vacciner. Lavez-vous les mains, ne vous touchez pas le visage et lavez-vous les mains encore une fois. En cette période de l’année, tout ce qu’on devrait propager, c’est la joie, l’amour et la bonne humeur. Si vous toussez, mouchez ou reniflez, s’il vous plait, restez chez vous.

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